GHB : effets, symptômes, durée, risques et que faire ?

Effets du GHB, symptômes qui doivent alerter, durée et délai de détection, risques avec l'alcool et gestes à faire face à une personne sous GHB : le guide complet.

GHB : effets, symptômes, durée, risques et que faire ?

Le GHB est une drogue dépressive du système nerveux central : ses effets apparaissent en une quinzaine de minutes et durent en général de une à quatre heures. Il provoque d'abord une sensation d'ivresse et de détente, puis, quand la quantité augmente même légèrement, une somnolence, des vomissements, une perte de connaissance et parfois un coma avec risque d'arrêt respiratoire. Surnommé « drogue du violeur », il est aussi utilisé en soumission chimique, même s'il n'en est pas la substance la plus fréquente. Face à une personne qui somnole brutalement ou perd connaissance, un seul réflexe : appeler le 15 et ne jamais la laisser seule.

Urgence : personne inconsciente, qui respire mal ou difficile à réveiller → appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112. Si vous ne pouvez pas parler, SMS au 114.

Qu'est-ce que le GHB ?

Le GHB (acide gamma-hydroxybutyrique) est une molécule utilisée en médecine, notamment comme anesthésique et dans le traitement de la narcolepsie. Détourné de cet usage, il se présente le plus souvent sous forme d'un liquide incolore et sans odeur marquée, plus rarement d'une poudre blanche. Il peut donc passer inaperçu dans une boisson.

Deux produits proches se transforment en GHB une fois dans l'organisme :

  • la GBL (gamma-butyrolactone), un solvant industriel dont les effets sont identiques mais plus rapides et plus courts ;
  • le 1,4-butanediol (1,4-BD), lui aussi converti en GHB très rapidement.

En France, le GHB est classé comme stupéfiant depuis 1999, et la vente au grand public de GBL et de 1,4-BD est interdite depuis 2011.

Effets du GHB : ce qui se passe dans le corps

Le GHB ralentit le fonctionnement du cerveau. Ses effets dépendent de la quantité, de la personne et de ce qu'elle a consommé par ailleurs. Leur particularité : l'écart entre l'effet « recherché » et l'intoxication grave est très étroit, et la concentration des produits en circulation est souvent inconnue. Une petite différence de quantité peut faire basculer d'un état d'ivresse à un coma.

À faible quantité

  • Sensation d'ivresse comparable à l'alcool, euphorie
  • Désinhibition, sensations amplifiées
  • Puis fatigue et relâchement musculaire

À quantité plus élevée ou en association avec l'alcool

  • Nausées, vomissements, vertiges
  • Somnolence, confusion, perte d'équilibre et de coordination
  • Trous de mémoire (amnésie)
  • Perte de connaissance, coma (appelé « G-hole » par les usagers)
  • Respiration ralentie, voire arrêt respiratoire ; convulsions

GHB : les symptômes qui doivent alerter

Que la personne ait consommé volontairement ou ait été droguée à son insu, ces symptômes du GHB doivent faire réagir immédiatement :

Signes d'alerte Signes de gravité : appelez le 15
Ivresse soudaine, disproportionnée par rapport à ce qui a été bu Personne impossible ou très difficile à réveiller
Somnolence brutale, propos confus Respiration lente, irrégulière ou bruyante
Vertiges, perte d'équilibre, vision trouble Vomissements chez une personne somnolente
Nausées, malaise Convulsions, perte de connaissance

Au réveil, une victime de GHB administré à son insu se souvient souvent mal ou pas du tout des heures précédentes. Ces trous de mémoire sont un signal important. Pour l'ensemble des signes possibles, quelle que soit la substance, consultez notre article sur les signes d'une soumission chimique.

Combien de temps durent les effets du GHB ?

  • Apparition : environ 15 minutes après l'ingestion, parfois moins à jeun.
  • Durée : en général de 1 à 4 heures selon le produit et la quantité. La GBL agit plus vite et moins longtemps que le GHB.
  • Réveil : après une perte de connaissance, il peut être brutal et rapide, ce qui ne signifie pas que tout danger est écarté. Une surveillance médicale reste nécessaire.

Combien de temps le GHB est-il détectable ?

C'est l'un des points les plus importants pour les victimes : le GHB est éliminé très vite.

  • Dans le sang : jusqu'à environ 8 heures.
  • Dans les urines : jusqu'à environ 12 heures.
  • Dans les cheveux : une trace peut être recherchée plus tard, par des laboratoires spécialisés.

Ces délais courts expliquent pourquoi il faut consulter le plus vite possible en cas de doute, idéalement dans les heures qui suivent, et ne pas couper ni teindre ses cheveux en attendant les analyses.

Que faire face à une personne sous GHB ?

  1. Ne la laissez jamais seule, et ne la laissez pas partir avec une personne qu'elle ne connaît pas.
  2. Appelez le 15 si elle est difficile à réveiller, respire mal, vomit en étant somnolente ou perd connaissance. Précisez ce qu'elle a pu consommer, y compris l'alcool.
  3. Si elle est inconsciente mais respire, placez-la en position latérale de sécurité (sur le côté) pour éviter qu'elle ne s'étouffe en vomissant, et vérifiez régulièrement sa respiration jusqu'à l'arrivée des secours.
  4. Si elle ne respire plus, rappelez le 15 : l'opérateur vous guidera pour les gestes de réanimation.
  5. Ne lui donnez rien à boire, ne cherchez pas à la faire vomir et ne la laissez pas « dormir pour récupérer » sans surveillance.
  6. Gardez de côté le verre ou le produit suspect, utile aux secours et aux éventuelles analyses.

Vous pensez avoir été drogué·e au GHB à votre insu ?

Le doute est fréquent, surtout avec des trous de mémoire. Vous n'avez pas besoin d'être certain·e pour demander de l'aide :

  • Consultez au plus vite (urgences, médecin) et demandez des analyses toxicologiques, compte tenu des délais de détection très courts.
  • Notez ce dont vous vous souvenez et conservez si possible le verre ou la boisson.
  • Faites-vous accompagner : le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS) répond au 01 40 05 42 70 (du lundi au vendredi, 9 h–13 h et 14 h–18 h), France Victimes au 116 006 et Violences Femmes Info au 3919, 24 h/24.
  • Porter plainte n'est pas obligatoire pour être soigné·e. Dans certaines régions, une expérimentation permet même de faire les analyses sans plainte préalable.

Toutes les démarches sont détaillées dans notre guide complet sur la soumission chimique et dans notre article sur les recours et soutiens pour les victimes. Rappel essentiel : la victime n'est jamais responsable de son agression.

Comment réduire le risque d'être drogué·e au GHB ?

Comme le GHB est difficile à repérer au goût, la prévention repose sur des réflexes collectifs : garder son verre en vue, commander soi-même, ne pas reprendre un verre laissé sans surveillance, rester entre amis et réagir au moindre malaise. Une protection de verre réutilisable, comme le chouchou anti-drogue, peut compléter ces gestes en ajoutant une barrière physique au-dessus de la boisson ; elle ne détecte pas le GHB et ne remplace pas la vigilance. Retrouvez tous les réflexes dans notre guide pour se protéger de la soumission chimique en soirée.

Questions fréquentes sur le GHB

Le GHB a-t-il un goût ?

Le GHB se présente le plus souvent comme un liquide incolore et sans odeur marquée, facilement masqué dans une boisson. On ne peut pas se fier à son goût ou à son aspect pour le repérer.

Combien de temps le GHB reste-t-il dans le sang ?

Jusqu'à environ 8 heures dans le sang et 12 heures dans les urines. C'est pourquoi il faut consulter le plus vite possible en cas de doute.

Quelle est la différence entre GHB et GBL ?

La GBL est un solvant qui se transforme en GHB dans l'organisme. Ses effets sont les mêmes, mais ils apparaissent plus vite et durent moins longtemps.

Le GHB est-il la drogue la plus utilisée en soumission chimique ?

Non. Malgré son surnom de « drogue du violeur », il est moins fréquent que les médicaments sédatifs et la MDMA dans les cas confirmés en France.

Sources

Article mis à jour le 22/10/2026. Cet article a une visée d'information et de prévention ; il ne remplace pas un avis médical. En cas d'urgence, appelez le 15.

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